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Marguerite Duras ou l’indomptable

En lien avec notre collaboration avec le bel office de tourisme de Nevers – Illustration originale : Soizic Bihel – Création de texte original pour l’eBook L’Accroche-coeur : Lisa Balavoine

Elle écrit. Elle ne fait même que ça.

Écrire, dit-elle. Écrire pour ne pas mourir.

Elle fait ça depuis toujours, depuis l’enfance, là-bas, sur les bords du Mékong.

L’homme la regarde. Elle porte un chapeau.

C’est encore une enfant.

Il la regarde.

Elle écrit l’homme qui la regarde.

C’est une affaire de silence, l’écriture.

Écrire c’est se taire, c’est hurler sans bruit.

Elle écrit parce qu’il faut vivre, elle écrit pour ne pas mourir.

Elle écrit, beaucoup, comme elle fait le reste, beaucoup.

Elle boit beaucoup, elle fait l’amour beaucoup, elle agace beaucoup.

Elle est jeune, elle est belle, elle ne le sait pas et lorsqu’elle le sait, il est tard, elle rapetisse, elle s’amenuise, elle n’a plus que les mots.

Les mots, beaucoup.

Et la musique aussi.

Il y a toujours de la musique dans ses histoires. De la musique et des chansons.

Chanson, toi qui ne veux rien dire, toi qui me parles d’elle et toi qui me dis tout.

Il y a de la musique au bal et Lol V. Stein danse, danse autant qu’elle le peut.

Il y a des consuls, des vice-consuls, des diplomates, des soirées.

Il y a la misère de l’autre côté du barrage.

Le Pacifique, son horizon, ses désillusions.

Il y a Marguerite, petite, immense.

De grands yeux sombres qui dévorent un visage encadré par deux nattes brunes.

Ce visage, intemporel, ce visage qui nous revient lorsqu’on pense à elle.

Marguerite D.

La jeune fille. L’écrivaine. L’amoureuse.

Parce qu’elle aime, vous savez, elle aime à en mourir.

C’est une romantique, Marguerite. Elle lit des romans qu’on trempe dans le rose, elle rêverait d’écrire cela, des histoires d’amour comme on les voit dans les films, d’ailleurs elle veut faire cela aussi, faire des films, faire son cinéma, India song, Delphine Seyrig, une longue robe noire, un piano, une maison. Les histoires d’amour ne commencent-elles pas toutes de cette façon ?

Elle fait tout beaucoup.

Elle écrit beaucoup, elle boit beaucoup, elle ouvre sa gueule beaucoup.

On ne la comprend pas toujours.

On dit : c’est Duras, elle écrit des histoires bizarres et il ne se passe rien.

Pourtant il se passe tout.

Dix-heures et demie du soir en été. Les yeux bleus cheveux noirs.

Et ce désir fou, aimer à en mourir, connaître la douleur.

Tu me tues, tu me fais du bien.

Jusqu’au bout le souvenir de l’amant.

Jusqu’au ravissement.

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